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Une enquête de Reuters publiée le 27 octobre 2026 alerte sur des contrats de l’industrie de la mode qui autoriseraient les marques à modifier le visage des mannequins par intelligence artificielle, créer des doubles numériques ou utiliser des images pour entraîner des modèles. Le problème n’est pas seulement technologique : il touche le consentement, le droit à l’image et la rémunération future.

Ce que Reuters a réellement examiné

La journaliste Helen Reid a interrogé quinze dirigeants d’agences de mannequins et consulté plus d’une douzaine de contrats de prises de vue. Des contrats évoquaient des possibilités d’échange de visage, de réplication numérique sans rémunération supplémentaire et d’entraînement de systèmes d’IA. Des propositions de clauses apparaissent dans des documents impliquant, selon Reuters, des marques telles que Diesel, Calvin Klein et L’Oréal. Une clause proposée n’est pas une preuve qu’elle a été acceptée ou effectivement utilisée.

Quand une photographie devient une matière première

Un mannequin peut céder des droits limités pour une campagne donnée sans anticiper que son apparence servira à produire des centaines d’autres images. Les services d’IA générative permettent de modifier des poses, des vêtements ou des identités représentées, voire de générer de faux mannequins sans séances photo. Les prestataires évoquent parfois une baisse des coûts de 90 % ou davantage ; ce chiffre est une promesse sectorielle dont la portée doit être évaluée selon les dépenses réellement comparées.

Le risque d’autorisations permanentes et floues

Plus une clause reste large, plus il est difficile de savoir où, pendant combien de temps et à quelles fins l’image sera réutilisée. L’entraînement de modèles soulève des questions particulières sur la suppression et le contrôle ultérieur de données. Les jeunes professionnels peuvent accepter des clauses complexes dans des rapports contractuels déséquilibrés. Un consentement véritablement éclairé suppose une information précise et une faculté de négociation.

La loi de New York montre une réponse possible

Le département du Travail de l’État de New York explique que le Fashion Workers Act impose une autorisation écrite, distincte et explicite pour les répliques numériques. L’accord doit prévoir la portée, l’objet, la rémunération et la durée de l’exploitation. Une autorisation antérieure ne couvre pas automatiquement une nouvelle campagne. Cette loi s’applique dans un cadre juridictionnel défini et ne doit pas être présentée comme une législation mondiale.

Quelles conséquences en Europe ?

Le droit à l’image, les obligations contractuelles, la protection des données et, selon les cas, le droit du travail ou de la consommation, peuvent entrer en jeu. Chaque situation exige d’examiner la loi applicable, l’identifiabilité de la personne et l’étendue du consentement. La technologie ne retire pas automatiquement toute protection aux personnes représentées.

Sources consultables

Reuters — enquête originale du 27 octobre ; Département du Travail de New York — FAQ officielle sur le Fashion Workers Act ; Euronext — reprise de l’enquête Reuters. La reprise Euronext ne constitue pas un recoupement indépendant de Reuters.

Glossaire

Double numérique : représentation synthétique d’une personne identifiable. IA générative : système produisant de nouveaux contenus. Consentement spécifique : accord portant sur un usage déterminé.

Repère chronologique de la veille : dépêche vidéo signalée à 12 h 53, le 27 octobre 2026.

Christophe Martin-Landré — Journaliste d’investigation, directeur de publication. © PRODPRESS® 2026. PRODPRESS MEDIA GROUP LLC. Authentique. Impertinent. Libre.

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