Sciences, 6 novembre 2026. Une image montrant un visage souriant sur le Soleil circule à nouveau en ligne. Cette photographie scientifique, réalisée par le Solar Dynamics Observatory (SDO) de la NASA, est authentique. Mais elle date du 26 octobre 2022, et les formes sombres visibles ne sont ni des yeux ni une bouche : ce sont des trous coronaux.
Une photographie réelle, mais pas une observation du jour
La NASA a enregistré cette configuration en lumière ultraviolette avec l’instrument AIA de son observatoire solaire. L’image a été diffusée à l’automne 2022 puis présentée dans des ressources officielles publiées en janvier et mai 2023. Son retour dans des publications de novembre 2026 ne représente pas un nouvel événement solaire.
La photographie originale peut être consultée directement dans les archives publiques du Goddard Space Flight Center : NASA — A Smiling Sun, image et fichiers de téléchargement et NASA — When Coronal Holes are Smiling, animation et explications.
Pourquoi notre cerveau reconnaît un visage
La disposition de trois régions sombres rappelle deux yeux et une bouche souriante. Ce phénomène de perception est appelé paréidolie : le cerveau reconnaît une figure familière dans un assemblage de formes naturelles. On peut rencontrer ce mécanisme dans les nuages, les roches ou les reliefs de la Lune. Il n’implique aucune intention ni intervention extérieure.
La colorisation et le filtre ultraviolet utilisé par la sonde rendent certaines structures visibles alors qu’elles seraient impossibles à discerner de cette façon à l’œil nu depuis la Terre. L’image est une mesure scientifique traitée pour l’observation, pas une photographie ordinaire prise dans la lumière visible.
Des trous coronaux, pas des taches solaires classiques
Les trous coronaux sont des zones de la couronne solaire où le champ magnétique présente des lignes ouvertes et où le plasma peut s’écouler sous forme de vent solaire rapide. Ils apparaissent relativement sombres à certaines longueurs d’onde ultraviolettes parce que la densité et la température du plasma y diffèrent de celles des zones environnantes.
Ces structures sont distinctes des taches solaires, généralement observées dans la photosphère et associées à une activité magnétique locale différente. La NASA indique que le vent solaire rapide provenant des trous coronaux atteint des vitesses moyennes d’environ 750 kilomètres par seconde, contre environ 300 à 500 kilomètres par seconde pour le vent solaire lent.
Le sourire du Soleil annonce-t-il une catastrophe ?
Non. Une configuration semblable à un visage n’a aucune signification prédictive particulière. Les vents solaires issus de trous coronaux peuvent néanmoins interagir avec le champ magnétique terrestre et provoquer certaines perturbations géomagnétiques selon leur orientation et les conditions spatiales.
Des chercheurs ont étudié cette configuration du 26 octobre 2022 et ses rapports avec l’environnement solaire proche de la Terre. Cela permet de comprendre les vents rapides et les phénomènes de météo spatiale ; il ne s’agit ni d’un message de l’astre ni d’une alerte automatique annonçant une catastrophe.
Pour aller plus loin : la météo spatiale
La surveillance de la couronne solaire aide à anticiper certains phénomènes susceptibles d’affecter les satellites, les communications radio et les environnements de haute latitude. Les prévisions reposent sur des mesures instrumentales et des modèles physiques, non sur l’apparence anthropomorphique des images diffusées sur les réseaux sociaux.
En pratique, les observatoires comparent les images prises à différentes longueurs d’onde, les mesures du vent solaire et les indices géomagnétiques. Une seule image spectaculaire ne suffit pas à décrire l’état actuel du Soleil.
Sources scientifiques
- NASA SVS — A Smiling Sun, diffusion janvier 2023, observation octobre 2022
- NASA SVS — explication des trous coronaux, mai 2023
- Monthly Notices of the Royal Astronomical Society — étude sur le Smiley Sun et la couronne solaire
Illustration à la une générée par IA et identifiée comme telle. Pour voir les véritables données solaires, consulter les fichiers NASA liés dans le corps de l’article.
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