PRODPRESS | Mobilité, énergie et industrie | 7 novembre 2026.
Chapô. Toutes les voitures seront-elles électriques en 2050 ? La progression des ventes et la baisse des coûts de certaines batteries rendent la transformation majeure, mais la généralisation mondiale n’est pas un fait acquis. Dans son Global EV Outlook 2026, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipe autour de 50 % de voitures électriques dans les ventes mondiales neuves en 2035 selon ses scénarios exploratoires. Cette proportion de ventes ne doit pas être confondue avec la part des voitures électriques déjà en circulation.
2025 : un quart des ventes neuves mondiales
Selon l’AIE, plus de 20 millions de voitures électriques ont été vendues dans le monde en 2025, soit environ un quart de toutes les voitures neuves. Les situations nationales restent très contrastées : la Chine approchait 55 % des ventes, contre environ 28 % en Europe et moins de 10 % aux États-Unis. Ces chiffres recouvrent des catégories de véhicules électriques incluant notamment les modèles à batterie et les hybrides rechargeables ; ils ne décrivent pas exclusivement les voitures 100 % électriques.
Pour 2026, l’AIE prévoit environ 23 millions de ventes et une part mondiale de l’ordre de 28 %. La guerre au Moyen-Orient et la hausse de certains coûts des carburants peuvent rendre l’électrique plus attractif dans des marchés importateurs de pétrole, mais les variations à court terme restent liées aux aides publiques, à l’offre de modèles et au financement des ménages.
2035 : la moitié des ventes, pas la moitié du parc nécessairement
Dans ses projections, l’AIE envisage près de 50 % de ventes mondiales de voitures électriques en 2035. Le parc mondial de véhicules électriques pourrait alors atteindre plusieurs centaines de millions d’unités : jusqu’à environ 510 millions selon certains scénarios exploratoires du rapport, hors deux et trois-roues. Il s’agit d’une croissance importante, mais qui laisse subsister pendant longtemps de nombreux véhicules à moteur thermique.
La différence vient de la durée de vie des voitures. Un véhicule acheté avant une transition réglementaire peut continuer à circuler dix ou vingt ans plus tard, et les rythmes de renouvellement des flottes varient fortement entre pays. Une vente neuve dominée par l’électrique ne suffit donc pas à rendre instantanément électrique le parc existant.
Les trois obstacles : accès, infrastructures et matières premières
La compétitivité de l’électrique dépend du prix à l’achat, des coûts de batterie, de l’électricité, de la disponibilité des bornes de recharge et des usages réels. Dans une grande ville disposant d’un réseau fiable, les conditions sont différentes de celles d’une région rurale ou d’un pays où la fourniture électrique est intermittente. Le logement collectif, la recharge sur la voie publique et les besoins des professionnels présentent également des contraintes spécifiques.
Sur le plan industriel, la concentration de certaines chaînes de batteries, les besoins en matériaux et la question du recyclage constituent des enjeux stratégiques. Les progrès annoncés sur les vitesses de charge peuvent réduire un obstacle, mais leur adoption dépend des véhicules, du réseau, de la température, de la puissance disponible et des normes.
2050 : tout dépend du scénario retenu
Des scénarios de neutralité carbone à 2050 impliquent une électrification beaucoup plus rapide que les trajectoires fondées sur les politiques déjà adoptées. Ils constituent des chemins conditionnels vers un objectif, pas des prévisions assurées. La présence durable de véhicules thermiques, l’évolution des hybrides rechargeables et les différences entre marchés rendent une universalisation totale incertaine.
Il faut aussi distinguer le passage du pétrole à l’électricité de la décarbonation intégrale : les émissions liées à la production des voitures et batteries, les matériaux, la fabrication de l’électricité et la fin de vie doivent être pris en compte dans une analyse de cycle de vie. À cet égard, le kilométrage et le mix électrique national comptent autant que la technologie de propulsion.
Analyse PRODPRESS : la mobilité ne se résume pas au remplacement des moteurs
Le choix entre des véhicules dépend également des distances parcourues, de la disponibilité des transports collectifs, du coût du logement, de l’aménagement territorial et de l’accès aux infrastructures. Remplacer toutes les voitures par des modèles électriques sans agir sur la congestion et l’emprise des routes ne résoudrait pas tous les impacts des déplacements. Le débat sur 2050 devrait porter sur la mobilité réelle, pas uniquement sur les ventes des constructeurs.
Sources et prolongements
- AIE, Global EV Outlook 2026, résumé exécutif, 20 mai 2026.
- AIE, scénarios de déploiement et prévisions à 2035.
- AIE, rapport intégral et explorateur de données.
- PRODPRESS, record de vitesse de la BYD Yangwang U9 Xtreme.
- PRODPRESS, voiture électrique d’occasion et aides.
Les chiffres concernant 2035 et 2050 dépendent de scénarios et ne constituent pas des engagements universels. Illustration prospective PRODPRESS®.

